- Pour qui ?
- Directions d’exploitation, dirigeants, responsables ADV et contrôle de gestion
- Question traitée
- Chiffrer le coût actuel de la ressaisie des ordres transport avant d’étudier une solution.
À retenir
- Chronométrer le traitement complet, pas seulement le temps passé à taper dans le TMS.
- Mesurer un échantillon représentatif par canal, client, type de dossier et niveau de complexité.
- Calculer séparément le coût par dossier, le coût mensuel et la part liée aux reprises.
- Présenter la capacité théoriquement libérable sans la confondre avec une économie encaissable.
- Conserver les hypothèses, les exclusions et la dispersion des temps pour rendre le calcul vérifiable.
Compter tout le traitement nécessaire à une saisie fiable
Le coût de saisie d’un ordre transport ne correspond presque jamais au seul temps passé dans les champs du TMS. Avant de saisir, l’exploitant peut devoir retrouver la bonne pièce jointe, rapprocher un e-mail d’une référence client, ouvrir un portail ou rechercher une adresse. Après la frappe viennent la relecture, le contrôle des dates et quantités, puis parfois une relance ou une correction.
Le bon périmètre commence à la prise en charge de la demande et s’arrête lorsque l’ordre est créé ou mis à jour, contrôlé et prêt pour l’étape suivante. Une attente pendant laquelle la personne travaille sur un autre dossier ne doit pas être comptée comme du temps actif. En revanche, la préparation d’une relance, la reprise du dossier et le nouveau contrôle sont bien du travail consacré à l’ordre.
| Étape | Début du chronométrage | Fin du chronométrage | À inclure |
|---|---|---|---|
| Rechercher et réunir | Ouverture de la demande | Sources utiles identifiées | E-mail, pièce jointe, portail, référentiel, version du document |
| Qualifier | Lecture des sources | Nature et état de la demande établis | Nouvelle commande, modification, doublon possible, information manquante |
| Saisir | Premier champ traité | Dernier champ ou import validé | Frappe, copier-coller, navigation, sélection dans les listes |
| Contrôler | Début de la relecture | Résultat comparé aux sources | Références, adresses, dates, quantités, contraintes et statut final |
| Relancer et reprendre | Préparation de la demande de précision | Dossier complété puis recontrôlé | Recherche du contact, message, réouverture, correction et nouvelle vérification |
Construire une grille de chronométrage exploitable
Une moyenne unique peut masquer un mélange de commandes simples et de cas très coûteux. La grille doit donc garder le temps total, mais aussi quelques caractéristiques qui expliquent l’effort. Il n’est pas nécessaire de collecter des dizaines de champs : retenez ceux qui permettent réellement de segmenter le travail et d’agir ensuite.
- un identifiant anonymisé, la date et l’équipe ou le poste observé ;
- le canal d’entrée et le format reçu : e-mail, portail, EDI, PDF, tableur ou autre source autorisée ;
- le type d’opération : création, modification ou reprise ;
- les minutes actives par étape, ainsi que le nombre de réouvertures ;
- le caractère complet ou incomplet de la demande et le motif de l’éventuelle relance ;
- le résultat : saisi sans reprise, corrigé avant validation, corrigé après validation ou transmis pour décision.
- 01Définir le périmètre
Choisir les équipes, canaux, clients et types d’ordres inclus, puis écrire les exclusions.
- 02Échantillonner les situations
Observer plusieurs jours et plages horaires afin de ne pas mesurer uniquement un créneau calme ou un flux facile.
- 03Chronométrer le temps actif
Arrêter le compteur pendant les attentes sans travail, puis créer une nouvelle ligne de reprise quand le dossier revient.
- 04Contrôler la qualité des relevés
Comparer les conventions utilisées et faire expliquer les valeurs extrêmes au lieu de les supprimer automatiquement.
- 05Segmenter avant de moyenner
Calculer les temps par famille de dossiers, puis pondérer avec les volumes réellement observés.
Calculer un coût par dossier et par mois
La formule de base est simple : coût par dossier = temps actif moyen en minutes ÷ 60 × coût horaire chargé. Le coût mensuel est ensuite obtenu en multipliant ce montant par le nombre de dossiers concernés pendant le mois. Le coût horaire chargé doit venir de votre contrôle de gestion ou de votre méthode interne ; il ne s’agit pas d’un tarif sectoriel.
Exemple fictif : une exploitation observe 35 ordres par jour pendant 20 jours ouvrés. Sa grille mesure 1,4 minute de recherche, 3,8 minutes de saisie, 1,6 minute de contrôle, 0,9 minute de relance et reprise ramenée à l’ensemble des dossiers, et 0,7 minute de correction. L’entreprise retient pour cet exercice un coût horaire chargé fictif de 32 €. Ces valeurs servent uniquement à montrer le calcul.
| Calcul de l’exemple fictif | Formule | Résultat |
|---|---|---|
| Temps actif moyen par dossier | 1,4 + 3,8 + 1,6 + 0,9 + 0,7 | 8,4 minutes |
| Coût par dossier | 8,4 ÷ 60 × 32 € | 4,48 € |
| Dossiers mensuels | 35 × 20 | 700 dossiers |
| Temps actif mensuel | 700 × 8,4 ÷ 60 | 98 heures |
| Coût mensuel mesuré | 98 × 32 € | 3 136 € |
Distinguer coût observé, capacité libérable et économie encaissable
Le coût observé répond à une question descriptive : combien de temps et de ressources sont aujourd’hui consacrés au traitement ? La capacité libérable répond à une autre question : quelle part de ce travail pourrait être évitée, déplacée vers du contrôle ou absorbée autrement ? L’économie encaissable suppose enfin une décision d’organisation qui modifie réellement une dépense.
Une heure retirée d’une tâche peut permettre à l’équipe de traiter davantage de dossiers, de réduire un retard ou de consacrer plus de temps aux exceptions. Cette heure a de la valeur, mais elle ne diminue pas automatiquement la masse salariale. Inversement, des heures supplémentaires évitées, une prestation externe réduite ou un recrutement devenu inutile peuvent affecter la trésorerie, à condition de les constater et de ne pas les compter deux fois.
| Indicateur | Ce qu’il mesure | Ce qu’il ne prouve pas |
|---|---|---|
| Coût actuel de ressaisie | Temps actif observé × coût horaire interne | Qu’une automatisation couvrira tous les dossiers |
| Capacité potentiellement libérable | Temps des étapes réellement évitables sur le périmètre retenu | Une baisse immédiate des dépenses |
| Économie encaissable | Dépense effectivement supprimée ou évitée | La valeur de tout le temps réaffecté |
| Qualité ou délai amélioré | Effet mesuré sur reprises, retards ou file d’attente | Un montant financier sans règle de valorisation validée |
Utiliser la mesure pour choisir le bon point d’action
Le total mensuel est utile pour dimensionner le problème, mais la décomposition indique où agir. Une recherche longue peut révéler des sources dispersées ; une saisie longue, des formats entrants difficiles à exploiter ; de nombreuses reprises, des commandes incomplètes ou des règles de contrôle insuffisamment explicites. La réponse n’est donc pas toujours de supprimer la frappe : elle peut commencer par normaliser une information, clarifier une responsabilité ou réunir le dossier.
Si la saisie automatique est étudiée, conservez la grille initiale. Elle servira de référence pour comparer le même périmètre avant et après, en comptant aussi le contrôle humain, les exceptions et les reprises qui subsistent. Le guide sur la saisie des ordres décrit le workflow de l’e-mail au TMS ; le protocole de mesure d’un pilote permet ensuite d’évaluer la fiabilité sans confondre vitesse et résultat correct.
- 01Prioriser
Classer les familles de dossiers par volume, temps actif, fréquence de reprise et criticité.
- 02Choisir un périmètre testable
Retenir un flux assez homogène pour comparer les résultats sans masquer les exceptions.
- 03Conserver la référence
Figer la période, les conventions et les formules du point de départ.
- 04Mesurer le travail restant
Après tout changement, inclure supervision, contrôles, cas exclus et corrections.
Questions fréquentes
Réponses directes
Combien de dossiers faut-il chronométrer ?
Il n’existe pas de nombre universel. L’échantillon doit couvrir les principaux canaux, clients, niveaux de complexité, équipes et périodes de charge. Continuez tant que de nouveaux relevés modifient sensiblement les résultats ou révèlent des familles de dossiers absentes.
Faut-il compter le temps d’attente d’une réponse client ?
Pas comme temps actif si la personne traite autre chose pendant l’attente. Comptez en revanche le temps de préparer la relance, de rouvrir le dossier, d’intégrer la réponse et de refaire les contrôles. Le délai calendaire peut être suivi séparément.
Le coût calculé correspond-il aux économies d’une saisie automatique ?
Non. Il décrit le coût actuel du périmètre observé. Pour estimer une économie, il faut mesurer la couverture réelle, le travail de contrôle restant, les exceptions, les coûts du projet et la façon dont la capacité libérée sera effectivement utilisée.
Sources et méthode
Cette ressource décrit la méthode produit Axonovia à partir de workflows transport. Les exemples sont illustratifs et ne constituent ni une promesse de performance ni une règle contractuelle universelle.
Relecture produit : Équipe Axonovia · prochaine revue recommandée avant le 31 août 2027 ou lors d’une évolution matérielle du périmètre.